L’alliance Je-tu en logothérapie

Si vous avez pris le temps d’écouter ma présentation, j’ai posé une notion de la réciprocité que j’ai nommée l’alliance « Je-Tu ». Une notion empruntée au livre de Martin Buber « Je et Tu ».

Voici un petit arrangement personnel de l’introduction du livre de Martin Buber à lire absolument, pour mieux comprendre cette relation que je propose au centre de mon approche.

Après avoir lu Je-tu, j’ai compris l’importance de la réciprocité dans une relation authentique. Comment garder cette authenticité dans un échange de type marchand sur Internet. Telle est ma question et un des freins principaux d’un lancement marketing classique.

Vous existez dans le monde, rien ne suppose une rencontre. Le hasard d’un zapping autour d’un mot clé, une recommandation, une vidéo sur YouTube, et nous nous retrouvons en chemin dans un premier échange informel. Vous n’êtes que « passant(e) ».  (Lire mon interprétation des passantes à la fin de ce texte).

Et puis vous décidez d’en savoir plus en vous inscrivant en simple observateur pour connaitre plus de « quoi », de la méthode… Mais c’est un « je » qui propose les contenus. Un « je » qui souhaite connaître ce « tu » qui vient frapper à sa porte, un « je » qui souhaite offrir une parole dans la réciprocité du couple « je-tu ».

La magie de la rencontre doit tenir dans l’interrogation mutuelle entre les personnes, au-delà des objets de l’échange. Or cette relation se fait de plus en plus rare face aux échanges marchands des objets du monde.  Mais s’il n’y avait qu’un simple murmure au creux de l’oreille (un témoignage) et le « tu » s’éveille au « je » de la rencontre.  Martin Buber nous montre les 2 sources de la relation qui sont la relation aux choses d’une part, et la relation aux personnes d’autre part.

Pour nous ici, face au logos, ces deux sources sont les contenus de la parole écrite et les personnes qui écrivent et lisent ces paroles. Dans une démarche d’accompagnement en logothérapie ou en coaching existentiel, l’alliance « je-tu » crée un lien avec une 3eme instance qui transcende les contenus et nous ouvre vers une sens-réponse de la demande qui nous vient de l’intelligence de la rencontre. L’intelligence de l’instant qui émerge là dans le lâcher prise des contenus, des méthodes ou des outils.
Pour Martin Buber, le fruit de cette alliance vers le sens nous ouvre à l‘universel divin. Passant par l’universel divin, le « tu » reçoit une dimension singulière et familière. Les généralités philosophiques ou spirituelles partagées viennent frapper les âmes, et l’inconscient spirituel trouve son espace d’expression.

L’alliance, c’est aussi la transparence de la rencontre entre donneur et receveur, avec une réciprocité ou le receveur dans sa participation active construit aussi le projet du donneur.

C’est aussi l’intentionnalité du receveur qui donne la force au donneur de donner. C’est une règle qui marche tout autant dans le domaine spirituel  entre D.ieu et la création qu’entre un enseignant et son élève. Comme il est écrit : Noten OZ le Elokim (Donner de la force à D.ieu « Elokim »

Ainsi, dans l’alliance « Je-Tu », je pose une véritable réciprocité de sens entre le « pour quoi » de mon travail, et son comment en phase avec l’intentionnalité du « pour qui ».

Dans cet esprit de réciprocité, si ce que j’offre doit avoir sens pour celui qui le reçoit, cela doit aussi avoir sens pour celui qui le donne.
Autrement dit, si mon travail est centré vers Toi, j’existe aussi en tant que « Je » dans la procédure d’échange. Et t’aidant à construire ton projet, tu participes à la construction du mien.
C’est dans ce sens que je peux raconter comment j’en suis arrivé là où je suis aujourd’hui, pourquoi je me lance dans cette aventure, en partage avec ceux qui se sont prononcés dans leur désir de recevoir. 

Quand à Toi, en partageant tes réflexions dans les commentaires, nous créons un espace collectif (Klal) de réflexions ou chacun peut enrichir l’autre.

Mon texte sur les passantes.  https://coachingexistentiel.com/les-passantes

10 Comments

  • GALINDO Geneviève

    Reply Reply 20 avril, 2015

    Bonjour Élie, merci pour ce beau texte !
    je ne comprends pas bien cette phrase : “l’alliance « je-tu » crée un lien avec une 3em instance qui transcende les contenus et nous ouvre vers une sens-réponse de la demande qui nous vient de l’intelligence de la rencontre.” Je remercie toute personne qui saurait m’éclairer. Quel est ce “noos” auquel tu fais référence ? Bien qu’ayant fait des années de théologie, je reste néophyte en la matière.

    • leoguez

      Reply Reply 20 avril, 2015

      Merci Geneviève pour la question. Combien de fois ais-je exprimé que l’essentiel n’est pas dans la réponse mais dans essence de la question.
      Commençons par questionner le Noos ou autrement écrit le Noûs. Que dis-t-on là dessus dans wikipédia:
      En philosophie et dans l’Antiquité grecque, le noûs (νοῦς), plus rarement nous ou noos, est l’esprit, l’intellect, la raison. Pour Platon, noûs désigne le plus souvent la partie la plus divine de l’âme, l’intelligence. De grande importance dans l’histoire de la métaphysique, ce mot est aussi souvent utilisé par Anaxagore, Aristote et Plotin, notamment pour désigner le Premier principe de toute chose, c’est-à-dire à la fois la Raison universelle et, selon certaines interprétations, D.ieu“.
      Ces définitions me conviennent dans la mesure où elles ne sont pas trop précises. Car définir c’est finir et la dimension dont nous parlons n’est pas de l’ordre du fini. Ex lorsqu’on propose comme interprétation D.ieu nous savons bien que ce terme de l’ordre de ineffable ne peut être défini.
      Mais l’ensemble est à mon sens suffisamment clair pour avancer dans l’obscure.
      Et cela répond en partie à ta question “la 3em instance qui transcende les contenus“, c’est un peu ce Noos, une intelligence supérieur à nos individualités qui donne réponse au delà des contenus. je veux dire contenus théoriques ou programme.
      En faites Ma question est qu’est ce que j’offre?
      Est-ce que j’offre un contenu de mon connu ou un partage, où le “je ne sais pas” prend place pour laisser dire ce qui émerge de l’intelligence de l’instant.
      C’est énorme ce que tu me fais dire là Genevièvre!!!
      Tu me ramènes à mon propre questionnement sur le “sens du comment dire” Excuse moi ces termes non académiques, mais qui veulent en dire bien plus long que le noir sur blanc de l’écriture.
      Merci encore pour ton questionnement.
      Je t’ouvre le module 4 sachant que je sais que tu sauras remplir le vide.
      Elie

  • annie

    Reply Reply 16 avril, 2015

    martin buber interessant…je vais le lire merci pour ce sens du pourqui
    pourtant ses ecrits sont souvent critiques se rapportent trop (parait il)au christianisme!!!
    je vais le lire pour aller vers le tu et le nous
    quelle aventure cet outil internet?!!
    du bout du monde le je et tu peuvent s accompagner du Nous

    • leoguez

      Reply Reply 16 avril, 2015

      Et du nous au noûs (noos) ce terme c’est aussi le logos la logothérapie c’est l’accès au noos

  • leoguez

    Reply Reply 15 avril, 2015

    ni je, ni tu, rien que pour voir dans l’intimité du non visible ce qui peut se dire dans un comment-taire incognito

  • gen

    Reply Reply 15 avril, 2015

    Beau texte. Qui donne envie de lire Martin Bubber. N’est ce pas déjà une performance que de donner envie de lire, et de citer la source ? Attirée par le libraire, et sa librairie inépuisable. Envie d’aller plus loin, pour expérimenter immédiatement ce “je-tu”. Mais…sur internet, je ne vois pas un « je-tu », mais un « je-tu-nous ». Chose…différente…n’est ce pas ?… quelque chose à remanier ?… ou à expliciter à ce sujet ?….

    • leoguez

      Reply Reply 15 avril, 2015

      Merci d’apprécier la magie du contact qui d’un je-tu profite au nous. Sur internet il y a un je-tu dans un échange privé, un je-nous pour un échange collectif qui profite à tous. Il y a même la possibilité de travailler en effet miroir avec soit-même je-moi, dans des archives privées avant de les diffuser. Dans un site perso j’écrit et je peux retrouver mes écrits n’importe où avec n’importe quel ordinateur. (revenir sur son texte et corriger:))
      Bref tout est possible, aujourd’hui nous pouvons avoir des contacts visuels, des vidéo-conférences ce qui fait que le contact perdure même dans les déplacements. Il faut juste le temps de maîtriser les outils. Elie

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